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Comment conserver le français quand on vit à l’étranger?

Ceux qui ont la chance d’envisager une expatriation professionnelle pensent d’abord au changement de vie, à l’éloignement de la famille et des amis, aux différences culturelles, ou encore à l’impact sur l’avenir professionnel du couple. Bien sûr on pense aussi à la langue parlée dans le pays : l’apprendre ou progresser dans cette langue est en général vu comme une opportunité, notamment pour les enfants qui bénéficieront d’une immersion à l’école et pourront devenir bilingues.

Drapeau français sous l'Arc de TriompheRares sont les parents qui s’inquiètent réellement avant le départ de la façon dont ils vont pouvoir conserver les acquis en langue française et l’identité culturelle de leurs enfants, ou les développer s’ils sont petits. Et c’est tant mieux me direz-vous, car les freins sont assez nombreux pour se lancer dans la formidable aventure de l’expatriation et ce serait bien dommage d’en ajouter un.
Pourtant, nombre de parents expatriés vous l’avoueront si vous creusez un peu ce sujet, la langue française en expatriation constitue un réel challenge dans l’éducation des enfants. C’est pourquoi nous avons voulu y consacrer quelques articles même si nous parlons habituellement sur ce site de l’apprentissage des langues étrangères. Que vous soyez déjà expatrié ou dans la phase de réflexion, voici de quoi vous aider pour que la langue maternelle de votre enfant demeure le français, et qu’il sache donc non seulement la parler couramment mais aussi l’écrire correctement !

Le choix de l’école

Selon le pays, son niveau de vie, la langue parlée, le quartier où l’on pourra habiter, il sera possible ou non de choisir entre une école publique locale ou une école privée comme un lycée français par exemple (établissement qui malgré son nom couvre tous les niveaux). Entre immersion totale, programme bilingue, école internationale rassemblant toutes les nationalités autour de l’anglais, chaque option a ses avantages et vous devrez choisir selon les critères de votre famille. Lisez notre article sur les facteurs à prendre en compte pour choisir l’école la plus appropriée, ainsi quelle que soit votre décision vous connaitrez les efforts à fournir en parallèle pour maintenir la langue française dans votre foyer.

Les cours de français

Pour ceux qui optent pour une école qui n’enseigne pas une partie du temps en français, il sera difficile de maintenir un bon niveau en français sans prendre des cours en parallèle. Pour les élèves plus âgés qui ont de bons acquis et qui ne resteraient pas longtemps à l’étranger, des lectures et activités en français peuvent suffire pour ne pas trop perdre leur niveau. Mais pour ceux qui restent quelques années ou pour les plus jeunes qui ne maitrisaient pas encore la langue avant leur expatriation, il faudra probablement choisir entre des cours avec un professeur de français ou un enseignement à distance à faire chez soi… avec l’aide d’un parent ou d’un tuteur.

Parmi les offres de cours à distance pour les écoliers, collégiens et lycéens, vous avez le choix entre suivre une matière, voire deux, ou suivre les disciplines principales à travers un programme allégé (pour plus d’infos, consultez notre dossier sur les différentes méthodes adaptées aux expatriés). Ces programmes d’enseignement à distance permettent d’évaluer le niveau de l’enfant par rapport aux compétences requises par l’Education Nationale, et également d’obtenir une attestation pour ceux qui voudraient intégrer ensuite une école bilingue ou revenir dans le système français. Elles nécessitent un réel investissement et peuvent nécessiter l’aide d’un tuteur si les parents ne sont pas assez disponibles. Je vous raconte dans un autre article comment j’ai choisi un prof de français idéal pour mes enfants et que tous les expatriés peuvent avoir!

Ceux qui ne souhaitent pas imposer à leur enfant des leçons basées sur le programme scolaire français peuvent opter pour un cours collectif, plus ou moins structuré selon les écoles ou associations. L’Alliance française est présente dans de nombreux pays et organise des cours pour enfants et adultes. Christine Mason, directrice de l’Alliance du Westchester aux Etats-Unis, propose ainsi des classes de français pour des élèves non francophones mais aussi pour ceux dont c’est la langue maternelle et qui veulent renforcer leur pratique, elle nous explique le contenu : « Dans ces cas-là, les cours sont axés sur la grammaire, la lecture, et la culture française. On parle de l’actualité mais aussi de musique et de littérature ». D’autres associations liées à la FIAFE le font aussi. Les associations d’accueil des français à l’étranger pourront vous aider à trouver les contacts sur ce sujet. Et bien sûr il peut y avoir l’option d’une école de langues locale, mais attention à ne pas mettre votre enfant dans des cours de français langue étrangère si c’est sa langue maternelle, il risque d’être vite meilleur que le prof!

Au-delà des cours, s’amuser en français

Même s’il s’agit de la langue maternelle, en apprendre les règles et les pièges n’est pas plus facile, et notre langue n’est pas la plus simple côté orthographe, grammaire ou syntaxe ! Comment pratiquer le français de façon ludique et régulière pour y remédier ?

– Qu’est-ce que tu dis ? Je ne te comprends pas…

La première chose est de parler français le plus souvent possible à la maison pour équilibrer le temps passé en français et en langue étrangère. Un conseil souvent répété par les spécialistes est de refuser de comprendre ses enfants quand ils parlent dans une autre langue, sauf peut-être s’ils racontent un épisode vécu à l’école en langue étrangère.

– Le blog, un outil efficace

Le parler c’est bien, mais l’écrire c’est une autre histoire ! Selon l’âge des enfants, il faut trouver un moyen ludique pour qu’ils écrivent en français dès qu’ils en sont capables. Le blog est un bon outil car il s’adapte au niveau de l’enfant. En élémentaire, il pourra raconter sa vie sur un blog privé, avec des phrases simples et courtes au début puis des textes de plus en plus structurés. Vous l’aiderez à corriger ses fautes et à accompagner ses récits de jolies photos de famille pour que les lecteurs apprécient ce suivi de votre expatriation. Au collège ou au lycée, il pourra même se lancer dans un blog public sur un sujet qui le passionne, il découvrira alors qu’on doit vérifier ses sources et ne pas écrire n’importe comment quand on publie un contenu sur internet.
Les avantages : créer un blog est gratuit et relativement simple si on s’en tient aux formats basiques. De plus, les amis et la famille (ou les fans pour un bloc public) pourront y écrire des commentaires qui donneront envie à votre enfant d’en écrire toujours plus !

– Ecrivain d’un jour

Pour ceux qui ne se sentent pas assez « geek » pour créer un blog, l’écriture d’un petit livre fonctionne aussi très bien entre 8 et 14 ans, voire plus. Essayez avec vos enfants : un joli carnet, un beau stylo tout neuf, et vous serez étonnés de voir leur engouement pour inventer leur univers, créer leurs personnages, et laisser s’exprimer leur créativité avec le plaisir de remplir la feuille blanche comme ils en ont envie. Comme pour toutes ces activités autour du français, un adulte doit se rendre disponible pour relire, améliorer, expliquer… Il est tout à fait possible de confier cette tâche à des professionnels. Ainsi Catherine Allibert, accompagnatrice des enfants expatriés dans le monde de la langue française, propose un programme personnalisé autour de l’écriture d’un livre. Sur plusieurs mois elle donne ses conseils à travers des rendez-vous réguliers par skype, et entre 2 rendez-vous votre apprenti écrivain voit son ouvrage progresser.

– Jouer, encore et toujours

Saisissez toutes les opportunités pour créer des jeux autour du français. En voiture, dans le train, sur le chemin de l’école, au moment du dessert chaque soir, bref un peu tout le temps, défiez vos enfants avec des challenges autour de la langue ou de la culture française.

cours de français à l'étranger - Tour Eiffel

Profitez d’internet qui fournit plein d’images pour inventer des énigmes autour de la France.

Aidez-vous de livres pour y piocher des idées, et n’hésitez-pas à y mettre une carotte de temps en temps, cela fait partie du plaisir de jouer et de gagner. Quelques idées pour ne pas être à court de défis :

Catherine Allibert dont nous parlions plus haut, regorge d’idées pour pratiquer et s’amuser autour de la langue française. Suivez-la sur Facebook à travers « Une histoire de ninjas et de samouraïs », vous découvrirez par exemple comment elle divulgue chaque jour un morceau d’une histoire en glissant un petit mot dans la lunchbox de ses enfants, ou encore les activités qu’elle propose chaque vendredi en s’asseyant tout simplement autour d’une table en famille.

– Immersion totale pendant les vacances

Pendant les vacances scolaires, les enfants ont plus de temps et sont moins fatigués, rien de tel pour quelques révisions de français tout en douceur. Si votre enfant est arrivé très petit dans le pays d’expatriation et qu’il n’a pas été dans une école bilingue, les programmes type summer camps en français lui conviendront probablement, même s’il se retrouve avec des enfants pour qui c’est une seconde langue.

L’accueil d’un(e) au-pair français est un autre moyen d’être dans un univers 100% français pendant les vacances. Et bien sûr cela peut être aussi une solution pertinente à l’année si vous avez l’espace suffisant pour l’accueillir.

– La lecture, un exercice complet

Enfin, cela semble une évidence et pourtant, il est essentiel de le rappeler. Passer un moment à lire en français tous les jours est ce qui aidera peut-être le plus votre enfant dans son apprentissage. Compréhension, orthographe, grammaire, syntaxe, tout y est sauf peut-être la phonétique s’il lit seul. Laissez le lire ce qu’il aime car cela doit rester un plaisir… tout en essayant de varier le type de lecture. S’il est accroc aux BD, un roman avec des images ou des formats originaux l’aidera à changer doucement de format. Voici 2 exemples d’une collection très appréciée par des lecteurs peu assidus notamment grâce aux illustrations et aux formats d’écriture adaptés au contexte :

Si la lecture quotidienne est fastidieuse même le soir confortablement installé dans son lit, discutez avec son maître ou sa maîtresse pour qu’il/elle intègre ce temps de lecture dans ses devoirs. Curieusement, ça passe parfois beaucoup mieux quand c’est demandé par la maîtresse plutôt que par les parents !

En conclusion : Si la question de l’expatriation se pose, foncez ! Une fois les valises posées et l’intégration de chacun effectuée, nul doute que vous trouverez l’énergie nécessaire pour mettre en œuvre ces différentes façons de renforcer la pratique du français au sein de votre famille. Le bilinguisme se mérite mais le jeu en vaut la chandelle !

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