« Allo, est-ce que vous pourriez aider mon fils pour son orientation, il ne sait vraiment pas quoi faire l’an prochain ? », « Il part sur une idée fixe, je ne suis pas sûr qu’il soit fait pour ça », « Ma fille a pleins d’idées, mais laquelle choisir ? », « Elle n’a pas de bons résultats scolaires, où va-t-elle pouvoir être acceptée ? ». Ce sont des questions qu’entend souvent Diane, experte RH au service de l’orientation des enfants, de la part de nombreux parents inquiets pour leur enfant. Pas facile de trouver sa vocation à 16 ans ni de trouver les meilleures études pour y arriver. Pour éviter que l’orientation ne devienne LE sujet unique de discussion à chaque repas, Diane nous donne quelques clés afin d’aider enfants et parents à franchir cette étape avec plus de légèreté.

Des étudiants en classe

Le sujet de l’orientation commence dès le lycée

Très tôt l’orientation scolaire est un sujet inévitable, surtout quand les enfants sont dans le système éducatif français. Il est demandé aux élèves de choisir une filière ou de sélectionner leurs cours pour la poursuite de leur scolarité et d’avoir une idée assez précise de leur future vie professionnelle. De nombreuses questions passent dans la tête des adolescents concernant leur avenir : quelle voie choisir ? Quelle opportunité accepter ? Quel chemin prendre ?

A cette situation de questionnement s’ajoute le contexte changeant du monde du travail d’aujourd’hui. En effet, il est probable que les prochaines générations d’actifs exerceront plus de dix métiers dans leur vie et les métiers de demain ne seront plus ceux d’aujourd’hui. Une étude menée par Dell et « l’Institut pour le Futur » en mars 2017  affirme que « 85% des emplois de 2030 n’existent pas aujourd’hui ». La réflexion est délicate car elle mêle à la fois présent et futur. Et les parents s’inquiètent des réponses qui tardent à venir. Le dialogue inter-générationnel n’est pas toujours facile.

1 étudiant sur 4 regrette son choix d’orientation en fin de première année

26% des étudiants interrogés en mai 2018 par l’institut Harris Interactive pour le site d’annonces d’emplois en ligne Indeed, « expriment des regrets quant à la filière qu’ils ont choisie dans l’enseignement supérieur ». Retrouvez l’enquête Les étudiants se sentent-ils bien préparés à intégrer le marché du travail? – Indeed.

Ce sondage n’apporte pas d’explication précise sur les causes de ces regrets. Manque d’accompagnement, manque d’information sur les études, débouchés professionnels, erreurs d’appréciation du jeune, influence des parents… ? Quelles que soient les raisons de leur « mauvais » choix, 50% de ces étudiants décident se réorienter à l’issue de leur première année d’étude.

Bien que les erreurs soient aussi formatrices, nous aimerions que nos enfants soient mieux préparés à prendre leur avenir professionnel en main.

Qu’est-ce qu’une orientation réussie ?

On reconnait un jeune ayant pris le bon chemin car :

  • Il sera motivé puisque ces études correspondront à son profil
  • Il aura appris à mieux se connaitre et à parler de lui avec des termes professionnels
  • Il ne sera pas stressé par la peur de l’échec
  • Il commencera à se projeter et s’investir dans son avenir
  • Son estime de soi et sa confiance en lui grandiront chaque jour

Les clés de réussite de l’orientation

Son orientation sera en adéquation avec son profil personnel

Personne ne s’épanouira jamais avec un choix d’orientation « par défaut » ou « par rejet du reste ». Pour « trouver sa voie » il est nécessaire de réaliser en premier un travail d’introspection : qui suis-je ? Quelles sont mes qualités, mes premières compétences, mes aptitudes ? Comment fonctionne mon cerveau pour apprendre ? Quelles sont mes réactions en situation de travail ? Concrètement, il faut « scanner » sa personnalité pour dresser un profil d’étudiant adéquat.

Pour se faire, votre enfant pourra travailler avec un professionnel certifié qui aidera le jeune à :

  1. Identifier son type d’intelligence, c’est-à-dire comprendre quel type d’informations il retient spontanément.
  2. Identifier ses centres d’intérêts (test RIASEC) à travers des outils qui regroupent tous les types d’activités professionnelles.
  3. Identifier son profil personnel en situation de travail (approche MBTI)

Avec un bilan complet sur son profil, les choix d’orientation en découleront tout naturellement. Certes dans la grande majorité des cas, ce sont les parents les prescripteurs d’un bilan d’orientation pour leur adolescent. La première chose que je dis au jeune c’est qu’il sera le seul à décider s’il veut travailler avec moi. Et jusqu’à présent, tous sont allés au bout du process car à chaque séance ils en apprennent un peu plus sur eux et cela les amène à mieux se valoriser !

Pour initier vos réflexions, consultez avec votre enfant le site de l’ONISEP (l’Office national d’information sur les enseignements et les professions) qui propose :

Son orientation sera en corrélation avec ses résultats scolaires et ses capacités à étudier

Il faut juste être réaliste sur les capacités académiques de son enfant, ni plus ni moins. Tachez de trouver l’adéquation entre le niveau des études visées et le potentiel que peut donner votre enfant sur les prochaines années. N’hésitez pas à rencontrer leurs professeurs actuels pour avoir un avis objectif de leurs capacités intellectuelles et mentales, ce qu’on appelle les « soft skills » : prise de recul, résilience face aux mauvaises notes, capacité physique de concentration, gestion du stress, etc.

Bien sûr vous ne projetterez pas vos envies sur lui

Oubliez vos émotions négatives et vos mauvais souvenirs. Laissez votre enfant construire sa réflexion sans jugement ni supposition. Avec un peu de bon sens et du soutien votre jeune continuera son petit bonhomme de chemin vers SA RÉUSSITE.

Il est courant de penser que vous seul savez ce qui est bon pour votre enfant car vous le voyez grandir jour après jour. Mais ses aptitudes, ses compétences, ses talents, ses qualités ne sont certainement pas encore tous exploités ou apparus. Et pourtant, c’est en les identifiant que l’on peut commencer à se projeter dans un métier ou un domaine d’activité, et lui-seul pourra savoir ce qui lui correspond.

N’attendez pas la dernière minute pour ce travail préparatoire d’analyse

Évidemment, il ne faut pas attendre la moitié de la Terminale pour mener une réflexion sur l’orientation. Mais ne restez pas fixé non plus sur une idée que votre ado aurait à l’âge de 15 ans car les jeunes peuvent évoluer beaucoup entre 15 et 18 ans. Je conseille toujours d’attendre la fin de Première ou le début de Terminale pour réaliser une réflexion efficace et décisive, car on peut s’appuyer sur des notes scolaires représentatives et la maturité est optimum pour un travail sur soi-même.

Diane SOREL, Experte RH en cabinet de Conseil RH
Diane SOREL
Experte RH en cabinet de Conseil RH
Diane travaille également avec des jeunes français vivant à l’étranger depuis 2016 pour définir leur projet professionnel et donc choisir le bon cycle d’études supérieures.

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