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De l’apprentissage de l’anglais à la communication : comment faire parler les enfants dès l’école primaire

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Apprendre l’anglais à l’école primaire est aujourd’hui une évidence. Pourtant, apprendre une langue et être capable de la parler sont deux choses bien différentes.

Qui ne s’est jamais retrouvé dans un pays anglophone, après avoir étudié l’anglais pendant plusieurs années, incapable de comprendre une question simple et encore moins d’y répondre spontanément ?

Ce constat, je l’ai moi-même souvent rencontré chez les adultes que j’accompagne dans l’apprentissage de l’anglais. Il pose une question essentielle : comment faire en sorte que les enfants ne se contentent pas d’apprendre l’anglais, mais développent progressivement la capacité et la confiance nécessaire pour le parler ?

C’est une question centrale qui m’accompagne depuis plusieurs années dans mon expérience d’enseignante d’anglais auprès des enfants, je vous propose donc de vous apporter quelques réponses.

Apprendre l’anglais ne signifie pas forcément savoir le parler

Connaître le vocabulaire, mémoriser des règles de grammaire ou savoir compléter un exercice, cela ne signifie pas nécessairement être capable de communiquer.

Pour pouvoir parler une langue étrangère, l’enfant doit être régulièrement exposé à celle-ci. Il doit entendre ses sons, son rythme et son intonation, comprendre progressivement des expressions, puis avoir l’occasion de les réutiliser.

Il doit aussi pouvoir essayer : une langue vivante ne s’apprend pas uniquement en accumulant des connaissances, elle se construit dans l’usage. C’est pourquoi l’oral devrait occuper une place centrale dès les premières années d’apprentissage. Plus l’enfant est exposé à la langue et plus il dispose d’occasions de l’utiliser, plus il pourra progressivement développer des automatismes.

L’objectif n’est pas de demander à un enfant de parler parfaitement anglais dès ses premières années. Il s’agit plutôt de créer, petit à petit, les conditions qui lui permettront d’oser prendre la parole.

L’enfance, une période favorable à l’apprentissage des langues

Pendant l’enfance, le cerveau est particulièrement plastique et sensible aux sons et aux rythmes du langage. Les travaux de la neuro-scientifique Patricia K. Kuhl 1 montrent notamment que l’expérience linguistique façonne progressivement la manière dont le cerveau perçoit les sons d’une langue. Mais cette capacité ne signifie pas qu’il suffit d’entendre de l’anglais pour savoir le parler.

L’interaction, l’acquisition du vocabulaire vont jouer un rôle essentiel. Dans une étude menée auprès de bébés de neuf mois, P. Kuhl a montré qu’une exposition à une langue étrangère dans le cadre d’interactions humaines permettait un apprentissage de certains contrastes phonétiques qui n’étaient pas observés de la même façon lorsque les informations étaient diffusées par la télévision ou un enregistrement audio. Elle a pu ainsi démontrer que l’environnement social et communicatif joue un rôle indispensable dans l’apprentissage du langage.

Il en est de même pour l’apprentissage du vocabulaire. Après avoir compris et reconnu les mots apple, table ou red, il faut que l’enfant soit exposé régulièrement à ces mots dans différents contextes pour qu’il puisse les retrouver dans sa mémoire et surtout les utiliser à bon escient dans une situation de communication donnée.

Ainsi, les neurosciences établissent un lien avec la facilité d’apprentissage des sons et rythmes propres à une langue mais ils doivent être intégrés à une situation de communication pour que l’enfant puisse réellement se l’approprier.

Faire parler les enfants, une question de pédagogie

Comprendre leur fonctionnement

Enseigner l’anglais à de jeunes enfants nécessite de prendre en compte leur manière d’apprendre. Un enfant apprend en expérimentant, en jouant, en répétant, en bougeant et en interagissant avec les autres. Je connais bien ces particularités qui sont au centre de mes cours.

Nous alternons jeux, chansons, mouvements, histoires et activités de communication. Chaque séance est adaptée à l’âge et au niveau des enfants afin de leur permettre de comprendre et de réutiliser le vocabulaire et les expressions rencontrés afin qu’ils puissent se les approprier. L’objectif est de familiariser les enfants avec la musicalité de la langue et de leur donner envie de participer.

Prévoir de la répétition

Les répétitions espacées dans le temps vont aussi jouer un rôle fondamental: un même mot sera vu plusieurs fois pendant plusieurs séances, puis réutilisé tout au long de l’année afin qu’il s’ancre durablement dans leur mémoire.

Par exemple, une question simple comme “what’s your favourite animal ?” peut devenir une véritable situation de communication. L’enfant écoute la question, comprend progressivement ce qui est demandé, cherche sa réponse, la formule, écoute celle de ses camarades et utilise à nouveau le vocabulaire. En classe, nous pratiquons ces situations en cercle, munis d’une balle que nous faisons passer de main en main afin de prendre et donner la parole à chacun à tour de rôle.

La répétition devient alors naturelle car elle est intégrée à une interaction.

Utiliser des ressources adaptées

Comme support et méthode, j’utilise notamment des ressources pédagogiques spécialement conçues pour les jeunes apprenants comme Kid’s Box de Cambridge ou Sing, Play, Move et I love English de Bayard. Ces supports permettent de travailler la langue à travers des personnages auxquels les enfants s’identifient, ainsi que des chansons et des histoires qui donnent sens aux apprentissages.

Les aider à prendre confiance

Donner confiance avant d’exiger la perfection est aussi essentiel.

Pour qu’un enfant parle une langue étrangère, il faut qu’il ose le faire. La peur de se tromper ou le regard des autres peuvent être un frein. À l’inverse, lorsque l’enfant comprend que l’erreur fait partie du processus, il peut progressivement prendre confiance et tenter davantage. Mon rôle n’est donc pas seulement de transmettre des connaissances linguistiques. Il consiste également à rassurer, encourager, accompagner et suggérer, sans jamais imposer. Je veux que l’enfant puisse se dire: “je peux essayer même si je ne suis pas sûr de moi”.

Cette confiance dépasse d’ailleurs la seule matière scolaire. Lorsqu’un enfant constate qu’il est capable de comprendre et de s’exprimer dans une autre langue, cela peut également renforcer son estime de soi et accroître sa confiance en ses capacités.

Une citation de Benjamin Franklin guide ma pédagogie depuis le début: “Tell me and I forget. Teach me and I remember. Involve me and I learn” (Dis-moi et j’oublie, enseigne-moi et je me souviens. Implique-moi et j’apprends).

Ainsi, impliquer l’enfant dans l’apprentissage, c’est lui permettre d’en devenir acteur.

Donner à chaque enfant un temps de parole suffisant

Faire parler les enfants suppose également de leur en donner réellement l’occasion. C’est une question centrale dans l’apprentissage d’une langue. Les enseignants sont face à des classes de vingt à trente élèves et, même s’ils sont très investis, le temps de parole pour chaque enfant se réduit à mesure que le nombre d’enfants augmente.

Dans mes groupes d’enfants, je privilégie des effectifs de cinq à huit enfants maximum. Cela permet aux enfants de s’écouter, se répondre, répéter, poser des questions et jouer à des quiz, memory, jeux de famille, qui sont impossibles à mettre en place avec des grands groupes.

La dynamique collective permet également une forme d’émulation: lorsqu’un enfant prend la parole, les autres comprennent aussi progressivement qu’ils peuvent essayer.

Un petit groupe d'enfants d'école primaire lèvent la main pour participer en anglais.

Dans les écoles où j’ai enseigné, les groupes pouvaient aller jusqu’à seize enfants. Ces expériences m’ont permis de constater à quel point la question du temps de parole est déterminante lorsque l’on souhaite réellement développer l’expression orale. L’idéal pour enseigner une langue étrangère et rendre les situations de communication possibles serait un groupe de huit à dix élèves maximum. Pour y parvenir, il faudrait diviser les classes en demi-groupes. Cela favoriserait les cours axés sur la pratique orale et offrirait un véritable temps de parole à chaque élève.

L’impact de classes surchargées

La question n’est donc pas simplement : combien d’enfants peut-on faire entrer dans une classe ? Mais elle est aussi : de combien de temps chaque enfant dispose t-il pour pouvoir réellement s’exprimer ?

À cet égard, nos homologues européens disposent de classes moins chargées qu’en France (19 en moyenne contre 22 élèves en France). De nombreux pays européens commencent l’apprentissage d’une langue étrangère entre 6 et 8 ans, mais certains commencent plus tôt. Et 86% des élèves du primaire de l’Union Européenne apprennent au moins une langue étrangère 2.

La qualification des enseignants pour les langues

D’après le rapport européen Eurydice intitulé ”Key data on teaching languages at school” 2 publié en 2023, sur 39 pays étudiés, l’enseignement de l’anglais est obligatoire dans 21 pays. Parmi ces systèmes éducatifs, 35 pays disposent de recommandations officielles sur la spécialisation des enseignants de langues dans le primaire :

  • 14 pays font appels à des enseignants spécialistes de la langue étudiée
  • 11 sont des enseignants généralistes (la France en fait partie)
  • 10 utilisent les deux profils.
  • 4 pays ne disposent pas de recommandations.

Ce rapport à lui seul ne permet pas d’établir que le recours à des spécialistes garantit de meilleurs résultats. En revanche, il montre que l’Europe ne retient pas un modèle unique et que la qualification des enseignants est une véritable question de politique éducative.

L’accompagnement des enseignants pour l’anglais en primaire

Les enseignants à l’école primaire jouent un rôle fondamental dans l’apprentissage des langues vivantes. Ils connaissent leurs élèves, leur progression et le contexte pédagogique dans lequel ils évoluent. Cependant, enseigner une langue étrangère à de jeunes enfants demande des compétences spécifiques :

  • une maîtrise suffisante de la langue
  • une connaissance des mécanismes d’apprentissage et de la didactique des langues
  • la capacité à créer des situations de communication pour que les enfants puissent utiliser la langue.

Pendant quatre ans, j’ai eu l’occasion de côtoyer chaque semaine des enseignants dans les écoles où j’intervenais. J’ai pu constater leur engagement quotidien auprès de leurs élèves et les difficultés rencontrées pour faire avancer des groupes d’enfants souvent hétérogènes en termes de niveau, d’attention et de capacité d’apprentissage.

La question n’est pas de savoir si les enseignants font suffisamment d’efforts mais plutôt de quels outils, de quelle formation et de quels moyens disposent-ils pour faire vivre une langue étrangère à l’oral.

Lorsqu’un enseignant doit enseigner l’anglais à des enfants qui débutent, il ne s’agit pas seulement de transmettre une liste de vocabulaire. Il faut pouvoir organiser des temps d’écoute pour écouter la langue, la faire répéter et créer des situations d’interaction et de communication pour qu’ils se l’approprient. Et cela nécessite une véritable réflexion et une préparation pédagogique.

La formation des enseignants constitue donc un enjeu majeur si l’on souhaite que les objectifs fixés pour l’apprentissage des langues puissent réellement se traduire dans les pratiques quotidiennes.

Les moyens humains et matériels restent un enjeu essentiel. L’idéal serait de pouvoir décloisonner les classes pour permettre aux enfants de s’exprimer plus longtemps et, dans le cas où l’enseignant ne dispose pas de compétences suffisantes en anglais, un intervenant extérieur pourrait être mis à disposition de façon systématique. C’est ce que j’ai fait pendant quatre ans, mais faute de moyens de l’école, mon contrat s’est arrêté.

Des moyens insuffisants face à des objectifs ambitieux

Des textes plein d’ambitions

Les ambitions affichées par le Ministère de l’Éducation autour de l’apprentissage des langues étrangères sont nombreuses. Il souhaite que les élèves progressent régulièrement et qu’ils soient capables, à terme, de communiquer dans une langue étrangère 3.

L’article L312-9-2 du Code de l’éducation prévoit que tout élève bénéficie, dès la première année de l’école élémentaire (CP), de l’enseignement d’une langue vivante étrangère ; et le niveau cible fixé pour les élèves en fin d’école élémentaire (CM2) reste le niveau A1 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL).

Mais si les lois actuellement en vigueur en France imposent l’apprentissage d’une “Langue Vivante Étrangère et Régionale” (L.V.E.R) pour tous les élèves dès le CP, l’anglais n’est pas imposé par les textes officiels et le choix de la langue enseignée (l’anglais, l’allemand, l’espagnol ou l’italien) revient aux équipes pédagogiques de l’école. En raison de sa prédominance, l’anglais est choisi dans la très grande majorité des cas par les établissements scolaires, bien que d’autres langues étrangères soient officiellement possibles.

Le renforcement des compétences en anglais (ou autre langue vivante) s’appuie également sur des circulaires ministérielles qui favorisent les projets labellisés, l’intervention d’assistants de langues étrangères et le développement de partenariats ou d’échanges virtuels dès le primaire.

Toujours d’après le site du Ministère 4, dès la rentrée 2026, les bacheliers pourront suivre une nouvelle licence Professorat des écoles (LPE). C’est une formation pluridisciplinaire et universitaire de haut niveau qui a pour objectif d’engager le développement d’une approche professionnelle du métier de professeur des écoles. Sur 750 heures de formation, près d’une centaine d’heures sont consacrées à l’enseignement d’une langue étrangère.

Pendant leur carrière, les professeurs des écoles peuvent également bénéficier de stages de perfectionnement linguistiques, pédagogique et culturel en anglais ou en allemand, sous la forme d’un stage de deux semaines pendant leurs vacances d’été, formation financée par le Ministère de l’Education 5. Mais combien d’enseignants en bénéficient réellement ? Aucun chiffre officiel n’a été publié à ce jour.

La réalité : trop de disparités et d’inégalités

Ainsi, on constate aujourd’hui dans les écoles primaires de grandes disparités en termes d’enseignement d’une langue étrangère. Et l’anglais n’étant pas imposé, il revient à la direction des établissements, en accord avec son corps enseignant, de choisir l’anglais ou une autre langue.

Chaque enseignant se retrouve plus ou moins en capacité d’enseigner l’anglais lorsque cette langue est choisie, en raison d’une formation souvent insuffisante et de compétences langagières parfois non maîtrisées.

Pour toutes ces raisons, les familles se trouvent bien souvent dans l’obligation de trouver des solutions extérieures à l’école pour que leur enfant développe des compétences en anglais dès l’entrée en primaire. Aujourd’hui de nombreuses solutions existent lorsqu’un enfant a besoin ou envie de pratiquer davantage l’anglais : cours particuliers, stages, séjours linguistiques, ressources numériques ou activités extra-scolaires.

Ces possibilités sont intéressantes car elles se font généralement sous forme de petits groupes, ce qui permet aux enfants de disposer d’un temps de parole et de communication accru par rapport à l’école. Elles offrent ainsi un espace d’expression très précieux.

Mais ces solutions ne sont pas accessibles de la même manière à toutes les familles et peuvent créer un écart important entre celles qui peuvent financer ces activités et celles qui ne le peuvent pas. Elles ne devraient donc pas devenir la condition indispensable à une pratique régulière de l’oral. 

L’enjeu est donc de trouver un équilibre entre les différents acteurs : l’école, les enseignants, les familles et les structures complémentaires.

Des idées concrètes pour donner davantage de place à l’oral

À l’école…

D’après mon expérience, avant même de pratiquer l’oral, les enfants devraient pouvoir être exposés quotidiennement à l’écoute de l’anglais au travers de chansons, d’enregistrements audio ou de comptines. C’est assez facile à mettre en place dans les classes, car de nombreux manuels ou sites Internet sont aujourd’hui accessibles gratuitement. L’important étant une exposition régulière car l’enfant doit pouvoir entendre les sons et le rythme de la langue avant d’être capable de la parler.

Il n’existe pas de méthode unique pour donner davantage de place à l’oral, l’important étant de multiplier les situations dans lesquelles, d’une part, les enfants entendent la langue et, d’autre part, utilisent celle-ci. À ce titre, les consignes de classe utilisées quotidiennement peuvent contribuer à enrichir le vocabulaire des enfants, et l’enseignant peut également prévoir des temps de chansons, d’activités en binômes, ou des jeux de rôle pour favoriser les interactions et ainsi développer l’oral et l’aspect conversationnel de la langue.

Et en-dehors de l’école…

L’objectif est de faire de l’anglais une langue que l’enfant utilise, et pas uniquement une matière qu’il étudie.

De nos jours, il n’est pas nécessaire de parler couramment anglais pour créer des occasions d’utiliser la langue avec nos enfants. Ainsi, à la maison, les parents peuvent créer des petites occasions de contact avec l’anglais, soit par le dialogue, soit au travers de courtes vidéos adaptées à l’âge des enfants. Cela peut aussi être au travers d’histoires, de chansons ou de jeux qui permettent à l’enfant d’entendre la langue dans un autre contexte que celui de l’école.

Enfin, les activités extra-scolaires peuvent compléter ces apprentissages en proposant davantage de temps d’exposition et de pratique en petits groupes, où l’enfant va pouvoir interagir avec d’autres enfants.

Mon expérience terrain : une approche centrée sur l’oral

C’est cette vision qui m’a conduite à fonder Funtastic English School.

Passionnée par les langues et la transmission, j’ai décidé de me consacrer à l’enseignement de l’anglais auprès des enfants et adultes après quinze ans de carrière dans le domaine commercial et marketing. Titulaire d’une Licence d’anglais, j’ai débuté en tant que professeure indépendante en 2021 après avoir passé mon diplôme CELTA de l’Université de Cambridge. En 2022, j’ai créé Funtastic English School avec l’envie de proposer aux enfants un apprentissage de l’anglais ludique et centré sur la communication. J’ai ainsi construit des séances pour différents niveaux de classe, de la maternelle au CM2, en privilégiant les jeux, les chansons, le mouvement et les interactions. Chaque activité est pensée pour faire travailler la langue tout en donnant à l’enfant une raison de l’utiliser.

C’est cette approche qui me porte et que je continue de développer : permettre aux enfants de se familiariser avec la langue, de construire progressivement leurs connaissances, mais surtout de prendre confiance dans leur capacité à communiquer en anglais.

À quand une vraie concertation sur la question de l’enseignement de l’anglais en France ?

Pour conclure, la question de l’anglais à l’école primaire ne se résume donc pas à la quantité de vocabulaire appris ou au nombre de notions étudiées.

Si nous souhaitons que les enfants deviennent capables de communiquer dans une langue étrangère, il faut leur donner des occasions de l’entendre, de la comprendre pour finalement être en mesure de l’utiliser dans différentes situations.

Cela suppose des enseignants accompagnés et formés, des pratiques pédagogiques adaptées, du temps de parole, des ressources et une réflexion collective sur les moyens consacrés à l’apprentissage des langues. L’intervention systématique dans les classes d’une personne spécialiste de la langue et le décloisonnement des classes seraient deux pistes à explorer sérieusement. L’une permettrait de confier l’apprentissage de l’anglais à une personne qui maîtrise la langue et sa transmission, et l’autre permettrait d’avoir des groupes de dix à douze enfants ce qui augmenterait la pratique orale de chacun des élèves.

Aujourd’hui, chaque établissement peut choisir d’enseigner l’anglais ou non, et chaque enseignant la transmet dans sa classe avec les moyens et les compétences dont il dispose et qui lui font souvent défaut. Le rôle des pouvoirs publics est essentiel pour faire face à cet enjeu. Une concertation entre le Ministère de l’Éducation Nationale, les chefs d’établissements et les familles serait utile pour faire avancer cette question de l’apprentissage de l’anglais en France.

De leur côté, les familles peuvent contribuer à cette dynamique et les activités extra-scolaires peuvent la compléter. Mais l’accès à une véritable pratique de l’anglais ne devrait pas dépendre uniquement des moyens financiers des parents.

Au fond, apprendre une langue ne devrait pas seulement signifier “savoir”. Cela devrait aussi signifier “oser s’en servir”. Et pour qu’un enfant apprenne à communiquer en anglais, il faut avant tout lui donner des occasions de vivre la langue.

Portrait de Laure Ambonville-Devron, fondatrice ce Funtastic English SchoolArticle rédigé par Laure Ambonville-Devron, fondatrice de Funtastic English School, école d’apprentissage de l’anglais en petits groupes pour les 6-11 ans à Saint-Malo.

 

 

Sources

1 Kuhl, P. K. (2004). Early language acquisition: cracking the speech code. Nature Reviews Neuroscience, 5, 831–843. Nature
Kuhl, P. K., Tsao, F.-M., & Liu, H.-M. (2003). Foreign-language experience in infancy: Effects of short-term exposure and social interaction on phonetic learning. PNAS, 100(15), 9096–9101. DOI

2 Rapport européen Eurydice intitulé ”Key data on teaching languages at school”1 publié en 2023: https://eurydice.eacea.ec.europa.eu/publications/key-data-teaching-languages-school-europe-2023-edition

3 Eduscol: https://eduscol.education.gouv.fr/4494/langues-vivantes-etrangeres-et-regionales#:~:text=Pour%20valoriser%20la%20scolarité%20bilingue%20en%20langue%20régionale

4 Ministère de l’Éducation nationale: https://www.education.gouv.fr/la-reforme-de-la-formation-initiale-des-professeurs-462747

5 Ministère de l’Education Nationale: https://www.france-education-international.fr/partir-letranger/stages-de-perfectionnement-linguistique-pedagogique-et-culturel

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