Pour intégrer une université aux USA pour un été, un semestre ou un cycle complet, il vous faut comprendre les programmes à votre disposition et à qui ils s’adressent. La réponse dépend un peu du niveau d’études du jeune et de l’objectif d’un séjour dans le système américain, à plus ou moins long terme.

Pour tous niveaux, les classes d’été à la carte (également disponibles tout au long de l’année dans certaines universités) sont abordables, relativement faciles d’accès, et très instructives. A noter que certains de ces cours sont donnés 100% en ligne, donc il est possible de « tester » depuis la France !

Pour un niveau Bachelor qui est un diplôme sur 4 ans, passer un semestre ou 1 an en université (ou y faire un séminaire d’été) est une option intéressante sur les plans culturel et académique. C’est un peu plus difficile à financer que le niveau Master, mais néanmoins possible.

Pour un niveau Master, les 2 options (cycle complet de 2 ans ou simple semestre) sont attractives et accessibles.

Université USA - un étudiant sur son ordinateur

Discutons un peu des tenants et des aboutissants pour les cours à la carte, le niveau Bachelor et le niveau Master, ainsi que des possibilités de financement.

Les classes à la carte offrent beaucoup d’avantages

Beaucoup d’universités proposent des cours à la carte, disponibles tout au long de l’année. Il est possible par exemple de programmer un séjour de 2 mois aux USA et d’articuler une série de cours sur cette période (4 à 5 cours rempliront déjà bien vite votre agenda).
Ces cours sont souvent délivrés par les branches dites « professionnelles » des universités. Citons par exemple la School of Continuing Education and Professional Studies de NYU.
Ces cours ne délivrent pas de « crédits » universitaires, mais ils ont 8 avantages :

  1. Pas besoin de visa ! si vous vous inscrivez pour des cours 100% en ligne, vous pouvez les suivre depuis la France (attention aux horaires quand même pour ne pas se retrouver debout à 1h du matin). Si vous allez aux USA avec un visa de touriste (3 mois), vous avez le temps de suivre vos cours au complet, vu qu’ils sont en général articulés sur 4 à 8 semaines.
  2. Ils sont très instructifs, qu’il s’agisse de l’approche théorique comme de la pratique : on lit beaucoup de théorie par soi-même, sur instruction des professeurs, et les classes sont consacrées à l’application pratique et aux échanges.
  3. Ils sont d’un niveau équivalent aux cours délivrant des « crédits », et requièrent tout autant de travail personnel (dixit celle qui a connu le Master en France et le PhD aux USA).
  4. Ils rassemblent la plupart du temps des professionnels en activité, une aubaine pour profiter de l’expérience de ces derniers qui voient en ces cours un levier de promotion ou de reconversion et vont donc se donner à fond.
  5. Ils sont abordables : compter entre $500 et $900 le cours (1 cours = 4 à 8 sessions de 1,5h à 4h).
  6. Ils permettent, sous réserve d’avoir pris plusieurs cours dans un domaine déterminé (4 à 5 cours), d’obtenir un certificat professionnel, voire des recommandations si vos travaux ont été de bonne qualité… bien utile pour le CV.
  7. Ces cours peuvent être disponibles sur le site de l’université ou accessibles entièrement en ligne, ce qui peut être utile si l’on a des contraintes d’activité ou de logement. Aussi, comme ils s’adressent à des personnes en activité ou suivant un autre cursus universitaire en parallèle, ils sont souvent disponibles le soir ou le weekend.
  8. Il n’y a pas vraiment de critères d’admission, au pire on demande certains pré-requis mais c’est plus pour avertir les étudiants du niveau avancé des cours qu’une condition réelle (après tout, il s’agit pour les universités de faire un peu de business supplémentaire). En tout cas, aucun dossier à constituer.
    Pour exemple, j’ai suivi un cursus de marketing stratégique à NYU. Certains de mes cours étaient à NYU, d’autres en ligne (c’est comme une vraie classe, on voit le professeur, on interagit avec les étudiants, et il y a des forums d’échange pour discuter après le cours).
    Mes professeurs étaient au top : ancien directeur marketing de Kraft, directeur commercial de Verizon, directrice marketing d’Anthem, etc. J’ai travaillé main dans la main avec des professionnels aguerris : future directrice PR de eMarketer, directrice artistique de JetBlue, délégation de managers et chefs de projets de Siegel + Gale, etc. Les cours étaient très axés sur la pratique, avec projets en équipe sur des cas concrets qui nous faisaient travailler sur la gestion de portefeuilles de marques et de gammes, sur des campagnes promotionnelles de grandes marques, ou encore sur l’intégration des canaux digitaux.
    On pouvait aussi amener son propre cas d’entreprise (je l’ai fait pour l’entreprise familiale) et recevoir de l’aide de la part des professeurs et des étudiants. La quantité de travail à fournir était très importante et j’ai beaucoup appris en très peu de temps. Cela m’a permis d’obtenir un professional certificate grâce auquel j’ai décroché mon premier job en agence aux USA. Et j’ai tellement aimé les cours que j’ai suivi plus tard un cours en ligne le samedi depuis la France avec mon mari qui, lui, le suivait depuis les USA !

Le Bachelor aux USA, pour qui ?

Rappelons ce que représente le niveau Bachelor pour un étudiant américain. C’est un cycle long (4 ans) qui est destiné à :
– structurer la réflexion des jeunes à travers une approche assez généraliste des enseignements, suite à des années collège et lycée qui sont un peu moins exigeantes que le système français
– et leur permettre de découvrir leur voie, avec la possibilité de choisir 2 matières principales (la major et la minor) qui devraient les orienter vers un Master spécialisé. C’est un peu comme nos filières S, ES, ou L (sans les jugements de valeur qui vont avec) qui donnent une couleur spécifique à un enseignement demeurant ouvert à plusieurs disciplines.

Est-ce donc intéressant pour un étudiant étranger de faire un Bachelor aux USA ?

Un cycle Bachelor complet n’est sans doute pas une bonne option, à moins de bénéficier d’une manne financière hors du commun, et encore pas sûre que ça soit d’un grand intérêt pour les jeunes. 4 ans d’université, ça revient très cher (80 000 $ au bas mot) et le niveau des premières années n’est honnêtement pas très poussé comparé à nos formations en France.

Par contre, un semestre ou une année, ça peut devenir très intéressant pour plusieurs raisons:

  • Culture : il est évident que passer 6 mois ou 1 an dans un nouveau pays, un nouveau système, et en immersion complète offre une très belle opportunité à un jeune. Non seulement il va devenir bilingue, mais en plus il risque fort de prendre goût aux échanges culturels et pourquoi pas de poursuive des études ou un bout de carrière à l’étranger.
  • Formation académique : partir aux Etats-Unis en 3e ou 4e année de Bachelor donne au jeune l’accès à l’enseignement de la majeure, et il va pouvoir trouver des cours de qualité dans sa spécialité. Sans pour autant se priver de découvrir d’autres matières ! Avec les cours à la carte, c’est une vraie aubaine pour se construire un parcours personnalisé. D’autant que l’approche américaine permet dès le Bachelor de participer à des projets de recherche en association avec des structures publiques ou privées. Par exemple, j’avais une amie hollandaise qui était venue 1 an à Columbia en Bachelor pour travailler sur l’amélioration de la qualité de l’eau dans les zones urbaines ; elle avait accès aux laboratoires et aux équipes de recherche locales. L’enseignement théorique lui paraissait un peu trop simple (« il y a beaucoup de choses que je sais déjà »), mais la possibilité de se confronter à la pratique la ravissait (« tout ça, je ne peux pas encore le faire dans mon université »).

Une autre option peut être de participer aux séminaires d’été : les universités proposent des sessions de cours sur les mois de juin, juillet et août. Beaucoup d’étudiants étrangers y participent (un peu moins d’Américains car ceux-ci travaillent souvent l’été).

Les avantages de faire un Master aux USA

Le cycle de base du Master aux USA dure 2 ans. Néanmoins, il peut être plus long selon les options qu’on souhaite y inclure ou que l’université exige : double spécialité ou stages professionnels par exemple.

Master complet ou échange universitaire ?

Pour l’échange universitaire, il convient de vérifier avec votre établissement d’origine si vous obtenez à la fin un double diplôme : le Master de l’établissement français ou le Master de l’établissement français ET le Master de l’établissement américain. Certaines écoles de commerce proposent d’avoir les 2 sans pour autant trop allonger la durée du cursus global. L’échange permet de devenir bilingue (oui, la vie étudiante américaine est suffisamment palpitante pour travailler votre anglais dans tous les sens, jusqu’à vos slangs !) et surtout de découvrir un univers de travail beaucoup plus collectif, pratique, et professionnalisant que l’enseignement en France.

Le Master complet présente de nombreux avantages :

  • Sur le plan du marché du travail, il est un précieux sésame pour qui souhaite faire une partie de sa carrière à l’international. A noter que les classements internationaux des universités placent les universités américaines au top.
  • Il permet, sans s’encombrer de formalités administratives supplémentaires, de suivre un stage professionnel rémunéré pendant ou à la fin du Master, pour une durée de 12 mois grâce à l’OPT, accessible à tout étudiant étranger inscrit dans une université américaine. Pour certains cursus scientifiques (STEM), l’OPT peut être allongé de 24 mois sous conditions.
  • C’est un cursus très flexible : les options sont légion pour bâtir son cursus. On peut par exemple souvent choisir entre un programme strict de 2 ans (+ stage), et des programmes plus longs qui permettent de suivre des cours uniquement le soir ou le weekend. Pour exemple, vous pouvez articuler un Master en nutrition à NYU sur 4 ans, avec l’option de suivre les cours le weekend uniquement et de consacrer 1 an à un stage en hôpital ou en entreprise.
    Si certaines spécialités exigent un tronc commun, la plupart des cours sont néanmoins à la carte, ce qui permet de construire son profil professionnel selon ses aspirations. Au niveau du financement tout cela aide, car les cours du soir ou du weekend permettent ainsi de travailler tranquillement sur le campus à raison de 20h à 25h par semaine.
  • C’est un cursus formateur et qualifiant : le niveau des cours est bien plus sophistiqué que le niveau des cours de Bachelor, et la formation intellectuelle est au RDV, d’autant que beaucoup d’Américains poursuivent leur Master après avoir travaillé quelques années en entreprise ou dans l’administration… ils ont donc « de la bouteille ».
    A noter que l’enseignement est beaucoup plus axé sur la pratique en milieu professionnel qu’en France, nous sommes donc sur du concret, facile à valoriser en entretien d’embauche.
    Attention aussi, le rythme se rapproche assez fortement du rythme de la classe prépa à la française, il faut s’y préparer car c’est assez intense dans certaines spécialités.
    L’un des avantages réside aussi dans la possibilité de construire une formation différenciante sur le marché du travail.
    Pour reprendre l’exemple de la nutrition, il n’y a pas un Master en nutrition, mais foule de Masters dans la discipline : celui qui vous permet de faire de la recherche en nutrition (pour universités et laboratoires privés), celui qui vous permet de travailler en hôpital (intervention auprès des patients malades, administration des menus, liaison avec les médecins hors hôpital, etc.), celui qui vous permet de travailler dans l’administration publique (directions politiques générales, initiatives d’éducation, administration des repas en collectivités locales, etc.), voire même celui qui permet de développer les nouvelles tendances de la foodtech (un mix de business, de sciences, et de software).
  • Les universités proposent -gratuitement- un suivi actif et personnalisé de l’orientation professionnelle : les bureaux de career counseling sont au top niveau et sont de vrais joyaux pour les étudiants qu’ils soient américains ou étrangers. Pour les étudiants désirant faire un stage via l’OPT, c’est sans doute là qu’ils trouveront, aidés par leur coach, le stage idéal.
    C’est également là qu’ils apprendront à rédiger leurs CV et lettres de motivation et à bâtir un profil professionnel attractif pour les employeurs : choix d’activités non académiques pour ajouter des compétences à son arc (bénévolat, sports, arts, etc.), rédaction de plans de stage (à soumettre au maître de stage pour bien tirer bénéfice dudit stage), recherche d’opportunités à l’étranger, etc.[/starlist]

Une chose à retenir cependant : s’il est facile de faire un OPT à la fin du Master, les conditions pour obtenir un visa de travail aux USA par la suite sont très strictes. Il convient d’étudier la question si vous désirez rester aux USA. Brièvement, les options sont les suivantes :
– obtenir un visa J-1 : celui-ci est assez facile à obtenir, mais exige un retour en France à expiration du visa
– obtenir un visa de travail type H1B, E2, etc. mais il vous faudra taper dans l’œil d’un employeur car ces visas coûtent très cher à ce dernier et sont limités par des quotas
– obtenir un visa d’investisseur : l’investissement requis est plutôt énorme…
– ou vous marier à un(e) Américain(e) ou un détenteur de carte verte !

C’est important de prendre cet élément en considération : l’un de mes amis, hollandais, a obtenu son PhD aux USA (7 ans d’études et de service comme professeur assistant), a fait ensuite son OPT (1 an)… et s’est vu renvoyé aux Pays-Bas cette année faute d’avoir obtenu un poste à plein temps comme professeur d’université, laissant son compagnon sur place pour une durée indéterminée. Autant donc se préparer et avoir une approche stratégique du système!

A ce stade vous commencez normalement à avoir une idée un peu plus précise de l’éventail des programmes des universités américaines et des choix qui peuvent d’offrir à vous. Avant de vous en dire plus sur les critères à prendre en compte pour bien choisir votre université, abordons tout de suite la question du financement

Portrait Anne Lise Bighinatti
Article rédigé par Anne-Lise Bighinatti, CEO TradeSherpa.
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