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Les pieds dans un lycée aux Etats-Unis

Article invité – Témoignage de Richard, expatrié avec sa femme et ses 2 enfants aux Etats-Unis.

Le Michigan, entre grandes étendues de dunes et de neige

Nous entamons le 2ème épisode racontant l’expatriation de Quentin, adolescent fraîchement arrivé aux USA, qui découvre le quotidien dans un lycée aux Etats-Unis et l’objectif final des lycéens: l’ACT et l’admission dans une université.
Pour accéder au précédent épisode, cliquez ici.

La vie dans un lycée aux Etats-Unis, ou plus exactement du Michigan!

Cette fois nous y sommes, les pieds sur un nouveau continent, la tête dans les étoiles, celles du drapeau américain : 50 coups de pied au derrière pour célébrer cette nouvelle ère linguistique. Les yeux s’illuminent, même si dans certains ce sont les reflets chromés des gros V8, qui n’avaient jusqu’alors jamais franchi la frontière de l’écran télé. Une potentielle source de motivation à garder sous le coude, car si avoir 16 ans fait accéder au « 10th grade » de high school, c’est aussi l’âge à partir duquel les jeunes américains chevauchent leur premier pick-up (prononcez « truck ») !
Nous sommes en milieu plutôt rural, au cœur du Michigan, les hivers sont rudes, mais surtout la voiture est très certainement dans la chronologie d’une vie un achat existentiel loin devant le BBQ et la tondeuse à gazon. La voiture est un moyen normal voire « safe » pour aller au lycée. La dimension des parkings pour les élèves, comparable à ceux d’une entreprise de plusieurs centaines de salariés, semble vouloir le confirmer. Par ailleurs, en hiver la neige dégagée des routes et chargée sur les trottoirs anéantit la motivation de tout piéton mal équipé et le conforte dans l’idée qu’un cow-boy sans son cheval est un américain sans voiture ! Néanmoins, ici aussi une carte géographique de découpage en zones scolaires perturbe certainement nombre d’ambitions et propose un service de ramassage en bus des plus près jusqu’aux plus éloignés.

Les années lycée… dans une high school américaine

Ce ne sont donc pas les 8 heures de route quotidiennes, envisagées par un potentiel futur jeune conducteur pour rejoindre un lycée international, mais bien l’heure du réveil matinal pour s’y rendre, qui est très probablement à l’origine de notre choix pour le lycée public. Outre l’avantage de la gratuité des études, nous y avons trouvé un défi linguistique à la hauteur de notre ambition : tenter d’expliquer puis de comprendre comment y intégrer un cursus scolaire français d’un élève de seconde fut un challenge allant bien au-delà de notre niveau de connaissance de l’époque.

En effet, il faut bien distinguer l’expérience linguistique d’une durée de quelques mois à un an et le souhait de poursuivre des études aux Etats-Unis. Les établissements américains sont habitués à accueillir des étudiants en échange mais il est bien plus rare de rencontrer des étudiants français venus suivre un cursus aux USA. Probablement parce qu’il n’est pas encore acquis dans la culture française de s’endetter sur 30 ans pour suivre un cycle universitaire ! Le capitalisme à l’américaine commence sans doute à l’école. On stimule l’envie en espérant plus tard générer l’énergie pour y arriver.

Anticiper la suite

L’école publique est gratuite, les lycéens choisissent leur emploi du temps et peuvent y intégrer des matières comme le dessin, la photographie, la vidéo communication ou encore le travail du bois, le tout en finissant les cours à 15h afin de pouvoir pratiquer un sport ou faire acte de volontariat.
Les années de lycée vont du « 9th grade » au « 12th grade » et correspondent à nos niveaux de la 3ème à la Terminale. La notation est continue pendant ces 4 ans et la graduation quasiment toujours obtenue à la fin. Car il n’y a pas d’examen final tel que le baccalauréat, les élèves en ressortent simplement avec un dossier plus ou moins bon. Pour compléter, il est fortement recommandé de passer pendant le « 11th grade » un test nommé ACT, qui est en fait réalisé par un organisme privé et qui donne un score global que les universités regarderont.
C’est donc le côté obscur de la force : la note obtenue à l’ACT, ainsi que le GPA (la moyenne de toutes les notes obtenues durant les 4 années de high school) et le nombre de crédits (cycles par matière validés en fin de trimestre) sont les principaux critères d’éligibilité à l’admission d’une université et à une bourse d’études. Etre très bon dans un sport ou encore très investi dans une association reconnue est un plus, d’autant plus apprécié qu’il sera porteur de notoriété pour l’établissement.

Sur les conseils avisés du conseiller en éducation, et guidé par le brouillard qui pèse sur notre situation à long terme, nous avons donc opté pour une inscription en « 10th grade » (équivalent à la classe de seconde). Un pseudo redoublement qui présente néanmoins les avantages d’une adaptation plus douce au bilinguisme, un nombre de « crédits » plus confortable par validation du passé scolaire, et une période plus longue de préparation à l’ACT.

Dans le prochain témoignage découvrez la suite de l’expérience vécue par cette famille expatriée : franchir chaque étape jusqu’au « 12th grade » et accéder à l’université américaine.

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