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Faire ses études aux Etats-Unis, un rêve inaccessible ?

Richard nous racontait précédemment comment son fils Quentin s’est intégré dans un lycée américain lors de leur expatriation dans le Michigan. Après les 2 premières années correspondant à la classe de seconde et de première, il entre en dernière année de high school et commence à penser sérieusement à faire ses études aux Etats-Unis. Mais voilà, ce n’est pas si simple…

Etudiant aux Etats-Unis : Objectif « Graduation »

Etudiant en habit de cérémonie pour la graduation du lycée aux USALe stress parental est vecteur de vigilance, et une poussée anxiogène obsessionnelle suffit à focaliser l’attention sur les talons de son enfant, ses pieds, ses mollets voire ses jambes entières. Amis parents restez détendus, les élèves de high school dans leur quasi totalité sont ‘graduated’ en fin d’année (qui en 2015 s’arrêtait en mai!). Le souvenir de votre nez humide pointant un listing scotché à la hâte avec les noms des candidats reçus au bac, et de l’attente fébrile de votre diplôme par la poste, ne vous laissera pas sans émotion lorsque vous découvrirez votre enfant en tenue traditionnelle devant tous ses professeurs et membres d’encadrement, également ornés de leur « gown » et coiffés de leur « cap », recevoir des mains du principal son diplôme de fin d’études de premier cycle. La cérémonie, sa mise en scène hollywoodienne clôturée tel un feu d’artifice par le fameux lancé de chapeau (cap), feront la fierté de toute une famille, sur les réseaux sociaux et bien au-delà sur les buffets en encadré format 15 par 8.

« Welcome 12th grade, I’m a Senior »

Notre fils entre donc en ‘twelveth grade’, l’année préférée des étudiants en échange qui viennent crédibiliser leur niveau linguistique sur leur CV par l’obtention d’un diplôme de high school américaine. Toute la problématique parentale ‘expat’ consiste à convaincre son poulain que derrière cette apparente facilité et le relatif peu de travail personnel à fournir (comparé à un élève de terminale en France), un véritable enjeu conditionne l’inscription à sa future université et plus particulièrement son financement. Notre handicap sont les 5 ans de collège et lycée français qui ont durablement préparé le jeune cerveau, grand consommateur d’ancrages de certitudes, à ne fournir que l’effort nécessaire pour franchir la barre sacrée de l’obtention d’un diplôme. Aux USA l’état d’esprit diffère. La valorisation d’un individu repose bien entendu sur la qualité de son travail, mais aussi sur son investissement personnel en dehors du cadre scolaire ou professionnel, dans le sport, des associations diverses, ou encore pour l’église qu’il fréquente.
Dans ce cadre le lycée demande aux élèves d’effectuer 40 heures de « community service » réparties sur 4 années. Ces heures peuvent être mises à profit dans tous les domaines qui autorisent le bénévolat. Outre le fait de stimuler une vocation pour le sens du service et l’aide à la personne, il l’autorise à participer à la très sacralisée cérémonie de remise de diplôme. Hélas, en France les neurones d’ado post-pubères mobilisés pour l’acquisition tsunamique de connaissances scolaires ne laissent que peu de place à l’empathie et à sa capacité profonde à rendre service spontanément. Comprenez bien alors que le sensibiliser sur la différence culturelle et l’attitude à adopter représente autant de difficultés que de faire communiquer 2 mondes parallèles.

C’est quoi une « honor cord »?
Plusieurs awards sont remis lors d’une pré-cérémonie au cours de laquelle sont remis les objets de parement des tenues de cérémonie ainsi que les bourses auxquelles les candidats ont postulé. Une ‘honor cord’ est une cordelette avec un pompon à chaque extrémité qui symbolise et récompense une moyenne supérieure à 3,2 sur 4 au GPA. Avec 3,5 de moyenne on en a 2, et avec encore un peu plus, on a droit à l’écharpe!
Résultat, l’effort fourni bien qu’il soit louable, et reconnu par une « honor cord », n’est pas à la hauteur espérée, côté parent. Les projets utopiques de suivre les cours du CNED, d’anticiper certains programmes d’université que l’école propose, de développer une compétence valorisante, ou encore simplement de chercher une université pendant le temps mis à disposition pour cela, revêt une dimension hors champ de vision de notre champion.
Conséquence, l’enclume financière qui pèse au-dessus de nos têtes et contre laquelle on espérait en dernier espoir un bouclier boursier, nous écrase encore un peu plus. Le mérite n’a pas été suffisamment reconnu et récompensé.

Détenir le cordon de la bourse…

Ceci nous amène donc logiquement à nous poser 3 questions existentielles.

  1. Suis-je suffisamment riche pour autofinancer toutes les études de mon ou mes enfants ?
  2. Vais-je rester suffisamment longtemps aux US ?
  3. En attendant la carte verte, à quelles autres bourses d’étude peut-il prétendre ?

3 questions simples et rapides auxquelles 3 réponses aux mêmes qualificatifs viennent en rien faire progresser la pensée positive et élargir le panel de choix à disposition:

  1. Nous ne pouvons pas raisonnablement déséquilibrer un budget familial au profit d’un seul domaine, et un endettement de cette hauteur-là n’est culturellement pas envisageable
  2. Après 2 ans sous visa et sans carte verte, nous avons peu de visibilité sur le prolongement ou non de notre expérience américaine
  3. Beaucoup de bourses attribuées par tirage au sort, ou selon la réalisation d’un essai sur un thème particulier, ont autant de chance d’aboutir qu’un heureux tirage à la loterie nationale. De surcroît, si la carte verte n’arrive pas avant ses 21 ans il lui sera très difficile et compliqué de trouver un premier emploi aux US avec un visa étudiant.

Les conseillés en orientation ont aussi en charge d’accompagner l’élève dans le montage financier de ses études. Notre inéligibilité au ‘package’ classique proposé aux étudiants américains, due en grande partie à notre statut administratif, fissure nos certitudes sur l’effet bénéfique de notre expérience américaine.

Le Community College, une alternative pertinente?

Une bouffée d’air vient enfin regonfler le moral. Il vient de notre voisine américaine qui au cours d’une banale discussion regrette d’avoir postulé pour une prestigieuse université dès sa graduation de High School. Elle nous apprend alors que les 2 premières années d’université sont très souvent exclusivement consacrées aux matières d’enseignement général, ne nécessitent aucun environnement spécifique et peuvent donc être suivies partout ailleurs sans même affecter la valeur du diplôme final d’un Bachelor ou d’un Master. Car un élève change bien souvent d’établissement après ces 2 ans pour intégrer l’université dont il vise le diplôme final.

La bonne nouvelle est l’existence aux Etats-Unis de « Community Colleges », dans lesquels les frais d’inscription sont cette fois envisageables. De plus, la prise en compte du lieu de résidence nous apporte cette fois une réduction du coût (pas besoin d’être résident américain).
Au cours de la dernière année de lycée, les universités de l’état viennent communiquer dans les High Schools pour informer ou confirmer les choix des futurs candidats. La longueur de queue aux différents stands s’explique en partie par la renommée des institutions, mais aussi par la qualité des stylos, autocollants et autres gadgets distribués. L’armée souvent présente rencontre également un franc succès, en proposant entre autres une alternative financière pour suivre un cycle d’études supérieures.
La chance nous sourit enfin cette année lorsque sur le stand du Community College le plus près de chez nous, les stylos distribués sont équipés d’un embout pour écran tactile et les 2 hôtesses qui les distribuent sont jeunes et jolies! Une solution provisoire s’offre enfin à nous. Le ‘Muskegon Community College’ (MCC) permet d’accéder à un « Associate degree » (équivalent à un Bac +2). Ce diplôme s’intègre dans la plupart des cursus que proposent les universités spécialisées.

N’ayant pas vraiment de plan B, notre décision est rapidement prise, Quentin, comme nombre de ses camarades, partira faire ses 2 premières années universitaires au MCC. Reste à constituer le dossier d’inscription, trouver un moyen de transport et/ou d’hébergement, renouveler notre visa… et s’armer de convictions positives.

Retrouvez Quentin au Community College dans le prochain épisode!

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