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Suivre les cours de français du CNED en expatriation

Vous êtes en expatriation avec vos enfants, ils fréquentent une école locale ou une école internationale où le français n’est pas enseigné -ou pas assez- et vous souhaitez qu’ils sachent parler et écrire correctement dans leur langue maternelle… Vous n’êtes pas les seuls ! Si je vous rappelle cela, c’est d’abord pour vous encourager car je sais qu’il faut parfois beaucoup d’énergie et de volonté pour réussir ce challenge de conserver la langue et la culture maternelle alors que les enfants sont immergés dans une culture différente et qu’ils absorbent comme des éponges une nouvelle langue qui devient rapidement leur langue de jeu.

Comme il n’y a pas de meilleur conseil pour un expat que celui d’un autre expat, j’ai créé un groupe Facebook pour partager entre expatriés francophones nos bonnes idées pour transmettre la langue et la culture françaises à nos enfants. Rejoignez le groupe, vous trouverez plein d’astuces à travers les échanges entre parents.

Groupe Exatriés francophones, tranmettons notre langue et notre culture

Concernant le CNED, je voulais répondre aux questions des parents qui cherchent une solution plus structurée permettant aux enfants de suivre à distance le programme scolaire français. Il y a bien sûr d’autres méthodes qui font d’ailleurs l’objet d’un dossier complet sur ce site mais il me fallait commencer par le CNED car c’est la plus répandue. Alors quels sont les avantages de cette solution, quelles difficultés ont rencontrées ceux qui l’ont testée ? Réponses et retours d’expérience ci-dessous.

Le français avec le CNED : des avantages… et des contraintes

Utiliser les services du CNED présente plusieurs avantages :

  • Vous décidez du programme qui vous convient, et notamment si vous vous inscrivez à une seule matière ou plusieurs.
  • Vous suivez une formation conforme aux programmes officiels.
  • Elle est peu coûteuse par rapport à des cours de français : pour environ 200 € vous recevrez de quoi suivre les cours de toute une année dans une matière et des professeurs corrigeront vos évaluations.
  • Elle vous procure une attestation qui vous servira en cas de poursuite des études dans le système éducatif français (même si les écoles doivent normalement aussi faire passer des tests à l’enfant pour s’assurer de son niveau).
  • Elle n’engage à rien, vous pouvez essayer et abandonner, vous pouvez utiliser les cours sans passer les évaluations, bref vous êtes maître de votre destin !

Et les contraintes alors ?

Elles dépendent de votre objectif. Pour un enfant qui ne fréquente pas d’établissement bilingue et qui doit pouvoir revenir à tout moment dans le système scolaire français ou passer le bac français, il va falloir y consacrer du temps et suivre une discipline stricte. En revanche, pour celui qui veut juste suivre le programme de français pour conserver un niveau satisfaisant à l’oral et à l’écrit, il suffira de quelques heures par mois et d’un peu (ou beaucoup…) de volonté.

Pour plus d’informations sur les programmes du CNED et leurs contraintes en nombre d’heures, nombre de devoirs, etc. consultez mon article expliquant la scolarité complémentaire internationale et les cours à la carte.

La souplesse du CNED permet une adaptation aux besoins de chacun, à vous de décider en famille de vos objectifs et des contraintes qui iront avec. Les témoignages ci-dessous vous y aideront.

Qu’est-ce que la scolarité complémentaire internationale du CNED ?

Le CNED a plusieurs offres, à la fois pour les écoliers, collégiens et lycéens mais aussi pour les étudiants et adultes. La scolarité complémentaire internationale permet à votre enfant de suivre à distance, en parallèle de sa scolarité dans le système scolaire du pays d’expatriation, une formation allégée autour de 3 matières fondamentales. De la grande section de maternelle à la terminale, vous recevez des cours et des devoirs, en version papier ou numérique ou les deux (version numérique pour le collège et lycée uniquement). Vous enverrez vos devoirs par courrier ou par internet et bénéficierez d’un service de correction toute l’année, qui s’adapte à votre rythme.
Parmi les 3 disciplines fondamentales, on retrouve le français, les maths et l’histoire-géographie jusqu’en seconde. Ensuite cela dépend de l’orientation choisie pour le bac.
Les inscriptions ont lieu du 1er juillet au 31 décembre pour l’hémisphère nord et du 1er janvier au 31 mai pour l’hémisphère sud. Le coût varie entre 500€ et 550€ pour une année (un peu moins cher si vous choisissez la version numérique uniquement).

Comment gérer les efforts… et le réconfort ?

Un enfant fait ses devoirs

Soyons franc, réussir un programme du CNED n’est pas si simple lorsque l’enfant suit déjà un programme scolaire en parallèle et qu’en plus, il doit s’intégrer dans un nouvel environnement, se faire de nouveaux amis, découvrir des activités, etc… Dans la plupart des cas, se donner quelques mois voire un an pour s’intégrer est une bonne chose. Car il faut être prêt pour s’engager avec le CNED : savoir comment ces heures de travail supplémentaires vont rentrer dans l’emploi du temps familial, qui va assister l’enfant, et comment on va récompenser ses efforts.

Chez Catherine, expatriée dont les 3 enfants ont été scolarisés pendant plusieurs années dans une école publique américaine, le CNED a permis de suivre le programme de français et de maths pendant 6 ans. Une fois par semaine, au plus tard le samedi après-midi, 1h à 1h30 était consacrée aux leçons de français du CNED. Cette séance était non négociable. Catherine avait choisi de réduire à 1h30 ces exercices car elle devait assister chacun de ses enfants individuellement, mais pour réussir à faire tenir le programme de français sur cette période, il fallait être efficace : par exemple passer rapidement sur des sujets similaires à ceux étudiés à l’école américaine ou sur des leçons assimilées les années précédentes. Et pour cela, il aurait été impossible de remplacer le parent par un tuteur.
Pour les maths l’organisation était un peu plus souple car les leçons étaient rapidement apprises lorsqu’elles avaient déjà été abordées à l’école américaine. Les enfants s’organisaient pour étudier et rendre leurs devoirs en temps voulu par rapport au planning établi sur l’année.
Résultat : grâce à leur bon niveau en français, les 3 enfants ont facilement réintégré une école bilingue où ils peuvent choisir entre le bac français option internationale et le baccalauréat international (voir notre article pour plus d’infos sur ces bacs). De plus, les leçons de mathématiques des programmes français et américain leur ont permis d’acquérir deux méthodes différentes qui ensemble, les ont amené à un excellent niveau. Selon les exercices, ils privilégient la rigueur française ou la créativité américaine (le « think out of the box » est également valable en maths).
Selon Catherine, « Cela vaut le coup d’y consacrer du temps, mais cela suppose une discipline et un encouragement régulier des parents car il est vrai que c’est un travail additionnel qu’on leur demande. Pour les motiver nous avions mis en place un système de récompenses : à chaque évaluation de maths effectuée, chaque enfant recevait un peu d’argent de poche en fonction de son âge. Si un jeu vidéo leur faisait envie, ils mettaient facilement les bouchées doubles sur le CNED ! »

Marie, expatriée et maman d’une petite fille de 5 ans qui n’avait pas commencé en France l’apprentissage du français à l’école, aimerait lui enseigner comment lire et écrire la langue qu’elle parle depuis sa naissance. Pourtant elle-même professeur de langue, elle renonce à donner des cours à ses propres enfants. « C’est totalement différent pour moi, et eux aussi n’ont pas la même écoute qu’avec un professeur extérieur à la famille. Je n’ai ni l’autorité ni la patience et ma fille n’aura pas l’attention et la concentration qu’elle a à l’école. Je préfère déléguer à quelqu’un qui lui donnera des cours de français de façon efficace, et lui enseigner d’autres activités plus ludiques de mon côté. » Parents VS professeur, ça se discute… certains pensent qu’ils sont plus aptes car ils connaissent par cœur leurs enfants, d’autres préfèrent éviter les négociations à n’en plus finir autour des devoirs. A vous de voir si vous avez le temps et l’envie d’assister votre enfant dans ses leçons, mais dans tous les cas, il aura besoin d’aide !

Pour les familles expatriées dans des villes où il y a peu de professeurs de français, ou pour ceux qui préfèrent un budget plus réduit que celui d’un prof particulier, il y a l’option « cours à distance ». Certains prestataires de cours de langue par skype proposent des profs de français. Attention à choisir une plateforme qui vous met en relation avec des profs diplômés et doués avec les enfants, il faut être encore plus exigeant pour des cours à distance. Je vous recommande personnellement VivaLing car ils offrent une solution vraiment adaptée aux expatriés francophones. Votre enfant peut suivre les cours du CNED et même être en binôme ou en trio avec d’autres pour que ce soit plus sympa, et moins coûteux!

Maxime lui, a 2 enfants nés en expatriation et scolarisés dans une école locale. Avec son épouse, ils ont choisi la solution d’une jeune fille au-pair française. « En plus de l’aide dans la gestion du quotidien des enfants, c’est une bonne solution pour pratiquer le français : elle leur parle français dès qu’ils sortent de l’école, ce qui équilibre le temps passé dans les 2 langues, et elle peut les aider dans des devoirs en français comme ceux du CNED. » Quand les deux parents travaillent, il est illusoire de penser qu’ils pourront eux-mêmes assister leurs enfants dans un programme complet du CNED, en plus des devoirs de l’école… et de toutes les choses qu’on souhaite découvrir en expatriation. Maxime l’a vite constaté : « On n’a pas envie de passer le peu de temps qu’on a avec eux à faire des exercices de français, et quand on rentre le soir les enfants sont fatigués, ce n’est pas le bon moment pour parler de règles de grammaire. » Un(e) au-pair français est à la fois une solution pour l’aide aux devoirs du CNED et pour compléter la théorie par la pratique quotidienne.

A vous de jouer, posez-vous les bonnes questions en famille et consultez le CNED si vous voulez aller plus loin dans cette démarche.

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